L’histoire d’une fille qui découvre le secret de sa propre histoire (Alice Alénin – Rouge de Sang)

En 1888, Aurore Brisson a 17 ans. Elle est orpheline, ses parents sont morts peu après sa naissance. Par conséquence elle a été élevée par son oncle et sa tante, la sœur de sa mère. C’est une famille bourgeoise, l’oncle en particulier semble avoir beaucoup d’influence. Jusqu’à présent, Aurore n’a jamais questionné sa vie. Elle a même consenti à un mariage arrangé dans le proche avenir. Elle joue simplement le rôle qui lui a été assigné comme fille bourgeoise.
Tout à coup tout devient différent quand une série d’évènements et découvertes met toute la vie qu’elle a vécue jusqu’à ce moment en question : l’histoire sur ses origines, le monde dans lequel elle bougeait, ses convictions… Depuis cette révélation elle se met en quête de la vérité sur la mort de ses parents qui, comme elle découvre, sont morts à cause de la répression de la Commune. Le long du chemin Aurore rencontre Louise Michel qui l’aide à trouver le frère de son père dont la sincérité et la bonté émeuvent Aurore car elle n’est pas habituée à cela à la maison. Encore et toujours, son chemin se croise avec celui de Raphaël, un jeune ouvrier. Les deux ont plus de choses en commun qu’ils le pensent au commencement et vers la fin du livre, elle commence à découvrir qu’elle éprouve ces émotions pour lui, qui ne veulent pas se former par rapport à son fiancé. Dans la nouvelle bonne, Victoire, enfin elle trouve une confidente et une amie. Pas après pas, elle commence à trouver son propre chemin.
Au-delà de cette découverte de soi-même, ce coming of age, et les aspects historiques de la Commune en rétrospective jusqu’à l’affaire Dreyfus en épilogue, ce livre se lit presque comme un roman policier. En fait, dans la volonté de découvrir son propre histoire, Aurore devient détective sans le savoir et découvre un terrible secret qui l’expose à un danger de mort…

Puisque le livre a lieu en 1888, la Commune de Paris se trouve surtout dans les rétrospectives, mais aussi dans le prologue du livre raconté à travers la perspective des parents d’Aurore. Dans peu de pages, l’autrice réussit à transmettre dans une manière croyable les émotions des communard(e)s qui comprennent que dans quelques secondes tout ce pour quoi ils se battent sera perdu pour toujours, et leurs espoirs sont détruits.
La mère d’Aurore reçoit une voix aussi à l’intérieur du livre, par les passages de son journal intime et par la lettre adressée à sa fille. Le journal donne une vue globale sur la Commune aux lecteurs et lectrices. Encore une fois il s’agit d’un livre pour les jeunes, donc c’est probablement la première fois qu’ils apprennent quelque chose sur cet évènement. Il n’est pas très élaboré, mais dans le même temps il apporte beaucoup de plus qu’une simple chronologie des évènements, car ils sont racontés d’une manière subjective et la mère les commente et y joint ses propres impressions. On apprend les espoirs d’une mère communarde d’un nouvel monde dans lequel sa propre fille grandira et les déceptions et les craintes qui augmentent toujours plus quand la guerre s’intensifie. Ce qui est particulièrement impressionnant est qu’elle n’hésite pas à critiquer les mesures de la Commune avec lesquelles elle n’est pas d’accord, comme le décret des otages.
Même s’il s’agit d’un livre de jeunesse, le roman ne cache pas les horreurs de la répression versaillaise, mais à cause de la narration rétrospective il n’y a pas de scènes trop graphiques. Ici ou là le livre est toutefois plus triste encore que la réalité historique, en particulier dans le sort de la mère qui est condamnée à mort en novembre 1871 et exécutée. D’après ce que je sais, une fois passé le temps des exécutions sommaires, les Versaillais n’osaient pas à exécuter d’autres femmes, même si Louise Michel avait demandé de partager le sort de ces compagnons d’armes masculins. Si je ne me trompe pas, il y avait certes des femmes condamnées à mort, mais toutes ont eu leurs peines commuées en travaux forcés.
La lettre à Aurore de sa mère à la fin du roman est également très touchante, une lettre qu’elle lui avait adressée avant d’être exécutée. Cette lettre me faisait penser à une autre lettre de ce même genre, écrite par une mère qui attendait le même sort. Il s’agit de Milada Horáková.

Parfois le roman reste un peu trop dans le contraste entre classe ouvrière et bourgeoisie, entre bon et mal, même s’il s’agit beaucoup de surmonter ces mêmes préjudices et contrastes de classe. On oublie un peu que la réalité sociale était beaucoup plus complexe.

Parfois j’aurais désiré un peu plus de profondeur dans la narration. Cela vaut évidemment surtout pour la partie sur la Commune. Les entrées du journal intime de la mère par exemple sont très brèves et concises, ce qui permet une vue globale sur la Commune comme évènement et comme expérience, mais on ne peut pas vraiment s’y immerger. Une chose que j’espère toujours trouver dans ces romans est une révélation sur comment il était de vivre la Commune, mais ce n’est pas facile à découvrir malheureusement, car le quotidien est une des choses plus difficiles à reconstruire car il nous manque de témoignages directs, de vraies entrées de journal de communard(e)s sur leur expérience de la Commune jour après jour. C’est une chose que j’essaye de comprendre, moi aussi, à travers mon imagination, mon possible futur roman, mais c’est une chose où j’ai aussi des difficultés.
Aussi j’aurais aimé suivre encore Aurore dans sa nouvelle vie, voir comment elle réussit à trouver son propre chemin. Et j’aurais voulu connaitre mieux l’oncle paternel, quel était son rôle dans la Commune, s’il a été déporté, lui qui était aussi sur la liste des prisonniers. Et je regrette aussi qu’on ne découvre pas comment les parents d’Aurore se sont connus.

Un roman, deux perspectives sur la semaine sanglante

Comment raconter les horreurs de la semaine sanglante ? Cette question préoccupe tous ceux qui ont entendu parler de l’écrasement de la Commune et veulent que les gens sachent la vérité sur ce terrible épisode de l’histoire française. Cela vaut en particulier pour les auteurs de la fiction communarde. A mon avis, le roman de Yvonne Singer-Lecoq est un exemple brillant de la réussite de cette entreprise. C’est un roman à la fois bien écrit et difficile à digérer à cause de son contenu réalistiquement amer.

La particularité de ce roman est que la semaine sanglante est racontée dans deux perspectives qui alternent. D’un côté nous avons une enseignante polonaise nommée Wanda qui est sans doute partisane de la Commune dans laquelle elle avait des grands espoirs. Son compagnon Nicolas, avec lequel elle partage la passion pour l’éducation, est membre de la Commune. Pendant ces derniers jours de la Commune elle aide à construire une barricade et prend soin des blessés. Avec elle nous faisons connaissance des habitants du quartier et en particulier de Flore et de son amant Victor qui commandera la barricade. Ici deux mondes différents de la Commune se rencontrent : d’un côté nous avons la polonaise exilée passionnée par l’éducation qui appartient à la modeste bourgeoisie et de l’autre l’ouvrière pauvre, illettrée, encore jeune mais déjà marquée par les conditions du travail, mère d’un petit enfant, vêtue en fédéré qui veut se battre comme les hommes. Et malgré ces différences les deux femmes deviennent des amies pendant cette semaine fatidique. A la perspective de Wanda s‘ajoute celle de Vincent, simple soldat versaillais, normalement ouvrier à la campagne. Lui, contre sa propre conscience, est forcé non pas seulement à percevoir des atrocités, mais aussi à les commettre. S’il avait refusé, lui aussi l’aurait payé de sa vie. Il en ressort traumatisé, comme on dirait aujourd’hui. Orphelin élevé par les curés et jusqu’à présent apolitique, il commence à se poser des questions. C’est très intéressant de suivre son propre développement personnel. Pour se consoler, Vincent pense sans cesse au grand amour de sa jeunesse. C’est Flore, qu’il a connue avant qu’elle soit partie pour Paris. Inévitablement les deux perspectives se rapprochent, se superposent le 28 mai sur la barricade de la rue des Envierges de Belleville avant de se séparer à nouveau et définitivement.

Les faits de ces événements sont présents d’une manière très détaillée et crédible. Tout ce qui est évoqué semble réaliste, rien n’est enjolivé. On se croit vraiment là, à Paris, à Belleville et ailleurs. Evidement comme toujours quand on raconte la Commune en partant par sa répression, la Commune vivante et avec elle ses espoirs et sa vitalité sont évoquées que par des fragments. Ce le rend difficile de la saisir, elle reste volatile, fugace.

Ce qui m’a impressionnée en particulier est combien l’autrice a eu soin de ne pas présenter une réalité en noir et blanc. Ni les communards, ni les versaillais ne sont pas une masse homogène. On signale en particulier la dispute entre Wanda, essentiellement antiautoritaire et croyante et communarde dans le même temps, et le blanquiste Nicolas à propos des otages. C’est encore plus évident chez les versaillais. Ce ne sont pas tous des monstres sanguinaires non plus. Le livre montre qu’il y a même des désagréments entre les généraux à propos des prisonniers. Il y a tout l’éventail de versaillais : il y a ceux qui se divertissent en chassant et fusillant ; il y a celui qui au commencement est indifférent aux massacres mais qui dit à la fin que c’est trop ; il y a Vincent qui questionne les méthodes de l’armée versaillaise dès du commencement de la semaine sanglante mais qui n’ose pas désobéir et il y a aussi ce soldat qui refuse de fusiller les prisonniers et qui est fusillé à son tour.

Même si le contenu est pesant, aggravé encore par les changements de perspective, c’est un roman très réussi qui transmet les évènements et leur réflexion dans les pensées et les émotions des acteurs et actrices d’une manière détaillé et crédible. Après Liberty’s Fire c’est le deuxième roman qui s’intéresse aux simples soldats versaillais et à l’effet qu’il fait sur leur conscience quand ils comprennent qu’ils sont utilisés pour commettre des atrocités, des crimes de guerre. Le livre a été publié en 1979, donc probablement il sera difficile de s’en procurer un. J’aimerais donc remercier la bibliothèque de Genève pour l’avoir rendu accessible pour moi. En tout cas il s’agit d’un ouvrage qui mériterait d’être redécouvert.

Singer-Lecocq, Yvonne. Votre pavé, citoyen: roman. Paris: Stock, 1979.

Pour qu’on n’oublie pas les gens de la Commune

C’était le 26 décembre 2020. Le dernier jour de Noël je me suis retrouvé avec des amis dans le chat pour regarder un film ensemble. Nous venons de différents côtés du monde, mais ce que nous unit est la passion pour Les Misérables, passion commune que nous a aidé à survivre ce temps difficile de pandémie. Cet après-midi quelqu’un écrit quelque chose, je ne me souviens même plus quoi exactement, de la Commune de Paris et on a aussi parlé du film de Peter Watkins. Prise de la curiosité j’ai recherché ce film et je l’ai trouvé en version intégrale dans l’internet. Ce que je ne savais pas encore est que c’était le commencement d’une nouvelle passion.

Donc j’ai regardé quelque passage du film, notamment du commencement et de la fin, et déjà j’étais profondément émue. L’histoire de la Commune et surtout de sa fin m’a obsédé d’une telle manière que je ne pouvais pas l’oublier et je voulais savoir de plus.

En quelque journées seulement j’ai assisté à un spectacle particulier, rare mais pas tout à fait inconnu : en si peu de temps tans ma tête les informations reçues se sont réalignées et ont assumé une propre vie. J’ai assisté à la naissance d’une nouvelle histoire, ma propre façon de rendre hommage à la Commune de Paris, à ces gens connus et inconnus qui ont vécu et qui sont aussi souvent morts pour elle.

Jour et nuit je ne faisais pas autre chose que rechercher sur la Commune et d’observer ce miracle d’une histoire, fictive oui, mais fruit de ces recherches réelles. Il me fallait une semaine entière pour comprendre que ma passion s’est réveillée dans le moment plus idéal : à la veille du 150e anniversaire de la Commune.

Et comme ça on est arrivé à mars. Après des mois entiers dédiés avant tout à la recherche de la Commune voilà que commençait en plein la « saison communarde ». Quand j’ai su de l’anniversaire et des choses qui sont prévus à Paris, j’ai regretté de ne pouvoir pas être là dans ces mois pour assister à tout ça en plein à cause de la pandémie. Dans le même temps cette même situation exceptionnelle m’ouvre les portes à des évènements auxquels normalement je n’aurais pas pu participer. Mais maintenant qu’ils sont transférés dans l’espace digital, j’ai participé à des évènements en France, en Allemagne, en Angleterre, en Belgique et en Italie sans même sortir de ma chambre, ici en Suisse. Et j’ai trouvé tout ça très enrichissant.

Un des premiers évènements que j’ai suivi de cette manière s’appelait « La Commune de Paris hier et aujourd’hui » et était organisé par Les Éditions sociales. Pour moi c’était particulièrement intéressant parce que parmi les participants à cette discussion il y avait Michèle Audin que je connaissais déjà par son blog et dont j’étais en train de lire le roman « Comme une rivière bleue ».

Ce jour-là je me suis dit que je devrais écrire un article de blog à propos de ce livre quand j’aurai le temps pour le terminer. Maintenant le moment est venu. Mais comment parler d’un livre tellement multiforme et variable comme l’expérience et la mémoire de la Commune. Ce n’est pas seulement un livre, une histoire. Ce sont plusieurs livres dans un.

Dans un certain sens le livre raconte l’histoire de la Commune, sans être toutefois un livre d’histoire dans le sens stricte. Quand même les références aux sources et les dates sont tellement précises et évidemment le résultat de recherches dans les archives qui sont également méticuleuses comme ceux d’un historien ou d’une historienne.

Dans le même temps le livre est aussi une sorte de journal de recherche du narrateur (et aussi de l’autrice car ici il n’est pas toujours possible de distinguer entièrement ces deux entités) aux traces de la Commune et des hommes et femmes qui l’ont animée. Ceci m’a parfois rappelé la version écrite des Damnés de la Commune.

Ici j’ai parfois pu retrouver des parcours de recherche communs, même si moi je peux me considérer parfois plus chanceuse parce que j’ai pu consulter tout ça digitalement de mon propre ordinateur, alors que dans le livre (qui date seulement de quelques années) on parle encore de microfilms et séjours dans la bibliothèque. Entre autres ce sentiment de parcours commun a concerné les actes de l’état civil. Même si je n’ai pas considéré ces documents avec la même précision que Michèle Audin, j’ai toutefois aimé les feuilleter. Surtout les actes de mariages m’ont enchanté parce qu’il y a les signatures des membres de la Commune. Ailleurs j’ai écrit à propos des actes de l’état civil les lignes suivantes :

Pour un instant on se retrouve dans la vie quotidienne de la Commune au-delà du temps. Même si les actes sont bâtonnés, ce qui sur chaque page rappelle les tentatives d’invalider l’expériences de la Commune.

Si les actes de l’état civil nous montrent un aspect de la vie quotidienne sous la Commune qui a été préservé dans le temps malgré les tentatives de l’invalider ; s’ils contiennent des histoires de naissances, mariages et décès ; s’ils nous donnent un aperçu des taches parfois banales d’un membre de la Commune, ils contiennent dans le même temps et dans la même précision aussi les aspects de la fin violente de la Commune. Michèle Audin en parle beaucoup dans le livre, surtout des actes de décès. Mais ce qui m’a complètement bouleversé, même si en réalité je connaissais l’histoire déjà du blog, était le récit du mariage et de la mort de Tony-Moilin. Là j’ai dû interrompre ma lecture et avec les larmes dans les yeux j’ai retrouvé le scan de l’acte de mariage en question. Je me suis imaginé comment ce mariage a été célébré dans des circonstances profondément dramatiques, je me suis imaginé Tony-Moilin comme il a signé cet acte de mariage que je voyais devant moi, dans la conscience qu’il aurait été fusillé ce matin même. Et quand j’ai aperçu la signature de Varlin quelques pages avant, c’en était fait définitivement de moi. Ensemble avec l’acte de mariage signé de Flourens en tant qu’officier d’état civil deux jours avant son assassinat c’est la découverte la plus émouvante que j’ai trouvé dans les archives.

La listes des livres dans le livre ne serait pas complète si on ne faisait pas mention des spams-poèmes qui sont tous des petits hommages à la Commune dans une forme poétique et dont l’origine reste à deviner.

Mais le livre est surtout aussi une tentative de reconstruire l’expérience de la Commune à partir des sources disponibles. C’est une tentative de s’imaginer comment c’était pour ses protagonistes de vivre la Commune et avec elle aussi sa fin. On accompagne avec elle un groupe assez nombreux de ce qu’on appelle aujourd’hui des communardes et des communards tout le long des 72 jours de la Commune.

Et pourtant leur histoire reste fragmentaire, comme le sont aussi les sources, elle n’entre pas dans la même profondeur que Liberty’s Fire. C’est un livre tout autre simplement, même si tous les deux sont des romans. J’ai apprécié tous les deux les livres dans leur variété et aussi ils me donnent chacun de sa façon des nouveaux impulses pour ma propre histoire. En particulier celui de Michèle Audin en fait est déjà entré dans mon histoire, je soupçonne, à cause de « cette tourneuse qui aurait voulu être institutrice » de la couverture du livre que j’avais lu bien avant de trouver le roman entier dans la bibliothèque. Ce personnage dont j’avais tellement volonté de savoir plus (mais dont l’histoire malheureusement n’est pas approfondi dans le roman) a en fait donné naissance à un groupe entier de jeunes ouvrières qui partagent ce même rêve. En fait le chapitre dernier dont elle fait partie est encore une histoire à soi, avec des personnages très caractéristiques qui eux même tous mériteraient des romans entiers dédiés à chacun. Dans quelques phrases l’autrice est ici réussie à créer des personnages distincts qu’on voudrait tellement connaître mieux.

Si je retourne maintenant à l’évènement auquel j’ai eu la chance d’assister c’est pour parler de la chose qui m’est resté de plus dans la mémoire après ce soir. Dans cette discussion et aussi une autre dont j’aimerais aussi parler, mais une autre fois, j’ai compris qu’il y a des autres gens qui réagissent dans la même manière que moi aux évènements de la Commune. Les intervenants en fait ont souvent dit que ce qui les a poussés à écrire leurs œuvres est le désir de redonner une vie pas seulement aux idéaux de la Commune mais surtout aussi aux femmes, hommes et enfants qui l’ont vécue, qui l’ont animée et qui ont souffert énormément lors de son écrasement. Les manières dans lesquelles c’est évoqué sont différentes : on parle de redécouvrir les individus pour qu’ils ne soient pas réduits à des chiffres, de ne pas laisser disparaitre ces gens, de leur redonner des noms, des visages.

Ludivine Bantigny l’a fait en leur écrivant les lettres comme à ses pareils, en surmontant tout distance temporelle.

Michèle Audin l’a fait en partant des sources historiques et en couvrant les points qui restent vides avec sa propre imagination, toujours restant fidèle jusqu’aux détails à ce qu’elle a trouvé dans ses recherches parce qu’elle raconte l’histoire de gens qui ont réellement existé. « La nécessité de savoir plus m’a poussée à inventer le reste » elle a dit dans la conversation.

Ce soir-là j’ai compris que j’ai fait exactement la même chose que les intervenants ont décrit. Moi aussi j’ai commencé à donner vie aux inconnus de la Commune dans mon imagination, mais encore dans une manière différente. En fait dans mon imagination tout ce que j’ai lu et vu et écouté est fondu dans une nouvelle histoire. C’est une histoire avec des personnages qui sont fictifs, mais dans leurs idées et leur expérience se cachent tous les faits que j’ai lu et toute l’inspirations que j’y ai trouvé. J’espère que cette fois est vraiment la bonne pour porter cette histoire sur le papier et que le manque de temps et la peur perfectionniste si cette histoire est vraiment digne des vraies expériences des vraies gens de la Commune ne m’en empêcheront pas.

Entretemps je continue à lire, écouter et voire toutes les tentatives d’autrui qui ont le même but de rendre vivante l’expérience de la Commune pour avoir la perspective plus enrichie et multiforme sur ce sujet et de couvrir comme ça aussi les lacunes de mon histoire en train de naitre.

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La registration integrale de l’evenement est disponible sur Facebook 

Audin, Michèle. Comme une rivière bleue. Paris: l’ arbalète gallimard, 2017.

Bantigny, Ludivine. La Commune au présent – une correspondence par-delà le temps. Paris: Éditions La Découverte, 2021.

A propos des Damnés de la Commune : http://www.meyssan.com/Les-Damnes-de-la-Commune-Raphael-Meyssan